Récit d’un déjeuner au Pied de Cochon
Le mythique restaurant Au Pied de Cochon, situé dans le quartier vivant des Halles, n’est plus à présenter. Lieu privilégié des noctambules et des amateurs de ballon ovale les soirs de match, quartier général des stars de cinéma et autres célébrités désireuses de « tomber la veste », il accueille une clientèle éclectique peu importe l’heure du jour et de la nuit. A la carte de cette brasserie figure l’incontournable pied de cochon grillé béarnaise et ses pommes frites « maison », mais pas seulement ! Car si le chef du Pied de Cochon prouve avec brio que « tout est bon dans le cochon », il maîtrise également la cuisson des autres viandes et régale les amateurs de produits de la mer avec de généreux plateaux d’huîtres et fruits de mer.
Situé dans une rue piétonne calme, si calme, qu’on en oublierait presque que l’on est à deux pas du tumultueux Forum des Halles, le Pied de Cochon bénéficie d’un emplacement privilégié. Avec ses deux grandes terrasses et ses trois étages où il fait bon déguster une cuisine savoureuse et sans chi-chi, il remporte l’adhésion des 7 à 99 ans. Et bientôt la nôtre.…
C’est un jour de juillet que nous décidons de nous rendre Au Pied de Cochon. Lorsque nous entrons dans le restaurant, nous sommes tout de suite frappées par l’ambiance bon enfant qui règne et par le décor typique de brasserie parisienne. Ici, on se sent très vite comme à la maison.
Fermement résolue à faire taire mes préjugés en matière de cuisine canaille, je décide de composer mon repas de spécialités de cochon exclusivement. Pour commencer en beauté, ou plutôt pour habituer mon palais à ce qui suivra, je choisis la planche « Tout Cochon » ! Entre jambon Serrano, compotée de tête, coppa, terrine de tête au vin, rillons, impossible de savoir par quoi commencer. Y-a-t-il un crescendo de saveurs à respecter ? A quel moment est-il judicieux de tartiner la confiture de cochon qui est servie en guise de mise en bouche ?! Peu importe, tout finira dans mon estomac. A mon grand étonnement, j’apprécie particulièrement la terrine de tête au vin. Les rillons, petits morceaux de poitrine de porc épicés et rissolés, sont simplement délicieux. Qu’il eût cru, moi qui avais choisi cette entrée par défi, je me suis surprise à l’apprécier ! Mon amie quant à elle, est beaucoup plus frileuse ! Elle opte pour une douceur de chèvre frais aux herbes et tomates confites qu’elle tartine généreusement sur un pain de campagne toasté. Tout se passe comme sur des roulettes au pays du cochon.

Après cette copieuse entrée dont il reste la moitié, se profile mon plat principal : la « Tentation de Saint- Antoine ». Museau, pied, queue et oreille, tout y est. Ma première bouchée ne se fait pas sans crainte, mais au final je suis étonnée en bien. Je mange avec plaisir pied, queue et oreille. Un peu moins le museau, dont le goût est trop prononcé à mon goût. Mon amie, elle, se régale d’un rumsteck de race Normande accompagné d’un os à moelle et d’un gâteau de pommes de terre confites à la sariette. La viande est fondante et l’os à moelle, d’ores et déjà terminé. Elle s’en lèche encore les babines…
L’heure du dessert a sonné et nous sommes repues. La gourmandise aura cependant raison de nous. Pour moi, ce sera un sorbet de pomme verte « Vallée d’Auge » baignant dans un Calvados avec un soupçon de cannelle. Il vient à point et facilitera même ma digestion… Ma camarade choisit un thé gourmand. Les trois classiques : moelleux au chocolat, crème brûlée et soupe de fruits rouges en verrine sont déclinés en petites portions toutes plus savoureuse les unes que les autres.
De ce repas Au Pied de Cochon, nous garderons le souvenir d’assiettes généreuses et d’un service chaleureux. On reviendra sans nul doute entre amis, un soir pendant le week-end ou en pleine nuit… pour refaire le monde autour d’une belle soupe gratinée à l’oignon.






